L’EDITION AUJOURD’HUI

Pourquoi ce déluge de livres deux fois l’an ?

Jérôme Lindon répondait : « L’édition est le seul secteur économique qui répond à une baisse des demandes par une hausse de l’offre.

De son côté, Jacques Schiffrin s’interrogeait devant la situation aux Etats-Unis : « Où est passé l’éditeur ? Celui qui fondait sa force sur la construction lente d’un fonds destiné à durer des années… ». Face à la pratique des éditeurs américains, il les accusait de mener une politique de comptables ! Dit autrement, de financiers. « Financiers », le mot est lâché ! A travers concentrations, restructurations, fusions, ils sont devenus propriétaires de maisons d’édition; par l’entremise de conglomérats, ces unions d’entreprises de genres différents. Bientôt, à leurs yeux, chaque livre doit apporter sa part de marge. Ils n’ont plus qu’une obsession : faire tourner le capital !

Dans le cadre de cette logique, les mastodontes de l’édition veillent à occuper le maximum de place dans les librairies, imitant en cela la pratique des industriels de l’agroalimentaire dans les grandes surfaces !

Que devient le libraire, considéré comme le premier prescripteur ? Deux fois l’an, rien qu’en matière de fiction, lui tombent sur les épaules 650 à 700 nouveautés… Il lui faudrait lire – au bas mot – 20 romans par jour, dimanches compris… Cela devient ubuesque.

Heureusement existent, depuis longtemps, ces vigoureuses impulsions aux ventes que sont les prix littéraires. Cela réduit l’hésitation du lecteur… (!)

La limite du système a été atteinte lorsque force fut de constater que les jurés de prix littéraires étaient constitués en partie d’écrivains. Et que, par ailleurs, ces mêmes écrivains pouvaient être critiques littéraires d’un journal de la presse écrite… Avec leur appartenance à une maison d’édition (parfois directeurs de collection) cela cumulait trois casquettes sur la tête d’un même individu.

On assure qu’il y a été mis bon ordre devant les reproches répétés.

Aujourd’hui, le web a permis l’éclosion de nombreux blogs littéraires qui donnent régulièrement leur avis sur leurs lectures; deux études relativement récentes concluaient à leur influence grandissante sur les ventes de livres.

J’y reviendrai prochainement.



11 Responses to “L’EDITION AUJOURD’HUI”

  1.   philippe Says:

    il va falloir que tu m’explique comment fonctionne weboblog car je suis totalement perdu merci d(avance!

    •   hesteve Says:

      Bonjour Philippe,

      Weboblog ? c’est une simplification de WordPress, via des « tutos » pas trop pédagos. Il est vrai que WordPress est encore plus compliqué ! Si bien que je « nage » beaucoup ! Je suis allé sur Google = « mode d’emploi de WordPress » et j’ai trouvé des réponses, pas toutes (!)

      J’ai essayé de te joindre par deux de tes mails (dont celui au nom de « duquesnay) : cela n’a pas fonctionné. Je vais recommencer. Mais le fait que tu sois venu sur mon nouveau blog me trouble… J’avais dû te faire directement un commentaire chez toi; c’est ça ?

      Cordialement.

      Pamphile-Hesteve

  2.   Moustic Says:

    Wouuaaa un blog qui vient de loin ..Je me demande comment l’édition peut peut survivre à ce rythme de productions de livres A++

    •   hesteve Says:

      Bonjour Moustic,

      La fuite en avant, peut-être… ?
      Tu n’as pas de texte sous le coude ? Tu ne me dis rien à ce sujet…
      A bientôt.

      Bien cordialement.

  3.   les cafards Says:

    les prix littéraires ? bof du bizness sans grand intérêt. salutations cafardesques en ce nouveau lieu

    •   hesteve Says:

      Sympa ce retour immédiat sur mon nouveau blog ! Je suis étonné parce que je croyais avoir raté mon commentaire sur le vôtre… Et je ne bois pas depuis une semaine (auparavant pas beau coup plus !). Donc, ce n’est pas la cause. C’est-y grave, docteur ?
      Bien cordialement !

  4.   râleuse Says:

    beurk c’est écrit en anglais !!!!!
    hélas oui , l’édition est aussi aux mains de la finance , je connais cependant 2 petits éditeurs qui survivent ,un pour des textes de théâtre, et l’autres pour toute sorte dont beaucoup de policiers , si tu es interessé je peux te donner l’adresse de ce dernier

    •   hesteve Says:

      Bonjour vacancière !

      Grand merci pour ta proposition mais je suis engagé jusqu’au cou avec les éditions Hélène Jacob. Et j’ai du mal parce que tout se passe par courriels (avec les bugs en sus !). Je vais te faire une proposition (honnête !) via gmail…

      Encore merci !

      Bien cordialement à toi.

  5.   Jeanmi Says:

    Je ne suis pas sûr que tous ces blogs littéraires soient le fait de jeunes femmes passionnées de lecture. Je crois, au contraire, y discerner la patte de certains éditeurs. Façon originale de promouvoir leurs livres. Exister dans ce monde demande de la part des auteurs, dont je suis, un investissement en énergie de plus en plus grand, pour un rapport de plus en plus faible. Mais écrit-on pour gagner de l’argent ?

    •   hesteve Says:

      Bonjour !
      Ce que vous soupçonnez à propos des blogs littéraires n’est pas faux : je prépare un article à propos de l’évolution de ces blogs… qui confirme que nous sommes bien dans un processus marchand. Avec ses dérives ! Ce que vous décrivez dans la façon de promouvoir un livre d’auteur inconnu nécessite beaucoup, beaucoup de courage. Comment faire autrement ? L’éditeur dont je parle par ailleurs a choisi une approche différente sur le site Amazon (version papier et numérique).

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