#6eRépublique : LA COMMUNE DE PARIS DE 1871

La Commune de Paris est née de la défaite militaire de Napoléon III. Sous la pression populaire la République est proclamée le 4 septembre 1870, mais le peuple de Paris assiégé se rend bien compte que le gouvernement dit de Défense nationale n’est pas décidé à la lutte.

Le Comité central républicain des 20 arrondissements, composé de délégués ouvriers, siège depuis le 5 septembre et commence à s’opposer à l’Etat bourgeois.

Quand le 22 janvier 1871, les gardes nationaux demandent devant l’Hôtel de Ville la guerre à outrance, les mobiles bretons tirent sur la foule !

C’est le 29 janvier qu’on apprend la signature de l’armistice qui doit permettre l’élection d’une Assemblée nationale. Le Comité des 20 arrondissements, notamment, présente des candidats au programme nettement socialiste et révolutionnaire. Ils réclament une République qui donnerait aux ouvriers leurs instruments de travail comme celle de 1789 remit la terre aux paysans. Aux élections nationales du 8 février exigées par Bismarck, à Paris les révolutionnaires sont élus. Dans ce climat de révolte, apparaît le Comité central de la Garde nationale. C’est des mains de ces « obscurs » que naît la Commune : la guerre sera continuée à outrance, Paris garde ses armes, tous les chefs doivent être élus !

Le 18 mars, l’insurrection commence quand est donné à la troupe l’ordre de reprendre les canons (payés par les Parisiens !). Les gardes fédérés, les femmes, les enfants encerclent les soldats… qui fraternisent ! Le 19 au soir, les hommes mandatés par le Comité central de la Garde nationale siègent à l’Hôtel de Ville et appellent le peuple de Paris à de nouvelles élections.

Toujours scrupuleux, le Comité refuse de patronner aucun candidat : « Notre mission est terminée, nous allons laisser la place à vos nouveaux élus. »

« Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus (…) Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action (…) Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste et c’est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci à se présenter. Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considérerons jamais comme vos maîtres. »

La Commune décrétera : « Un droit absolu en République, le droit inaliénable, et permanent, de révocation de tous les mandataires par ceux-là seuls qui leur ont donné mandat. »

Elle préconisera également : « Un détermination nette, précise, impérative, ne pouvant prêter à aucune équivoque, du mandat confié à tout élu, quelle que soit sa fonction. »

La Commune ne vécut que quelques mois, fauchée par la mitraille…



14 Responses to “#6eRépublique : LA COMMUNE DE PARIS DE 1871”

  1.   Moustic Says:

    Toute nouvelle constitution serait la bienvenue, mais il faut supposer que les élus seraient honnêtes, intègres et sincères, là est la vrai question .. A++

    •   hesteve Says:

      En éliminant les actuels professionnels de la politique au profit de volontaires qui se consacreraient à l’élaboration de la CONSTITUANTE (que des juristes mettraient « en musique ») sachant qu’ils ne pourront pas postuler à la prochaine Assemblée nationale, on peut sérieusement espérer qu’ils travailleront pour l’intérêt général.

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